D’après notre sondage ADquation-Agrodistribution, 44 % des producteurs de blé tendre d’hiver (BTH) estiment que leur volume de récolte sera stable, 24 % prévoient une hausse et 21 % une baisse. On peut ainsi envisager une production globalement stable, voire en légère progression si l’on s’en tient aux résultats de cette enquête, réalisée il y a un mois. Mais depuis début mai, des périodes pluvieuses sont venues rassurer les agriculteurs et les opérateurs, qui devraient désormais être plus enthousiastes.

Des bonnes conditions sur la façade atlantique

La publication Céré’Obs (FranceAgriMer) du 29 mai indique des conditions de culture bonnes à très bonnes à 79 % (contre 80 % en 2018 à la même date). Le stade épiaison a été atteint à 80 % (contre 97 % l’année dernière), soit un retard de trois jours par rapport à la moyenne quinquennale et de cinq jours par rapport à l’année dernière.

Si l’état des cultures semble de bonne facture de la façade atlantique à la région Grand Est, il est plus mitigé en région Centre, en Ile-de-France, en Bourgogne et en Rhône-Alpes. Des régions où le sec s’est particulièrement fait sentir ce printemps. Ce que confirme le bilan de Météo France pour le printemps 2019.

De l’optimisme même dans le Centre-Est

En Rhône-Alpes, Pierre Chavallard, de la Maison François Cholat, est pourtant optimiste : « La plaine est plutôt belle. Les conditions d’implantation ont été très bonnes. On avait des craintes avec la sécheresse mais il y a finalement eu un rattrapage. » Hervé Courte, DG de la coopérative Ile de France sud, se veut également positif, même s’il faudra qu’il pleuve encore un peu. En Côte-d’Or, Damien Racle, des Ets Bresson, est partagé entre la plaine dijonnaise, qui est belle, et le plateau, plus dégradé.

Vers une production de 37-38 Mt

Dans les faits, sous réserve d’un mois de juin clément, il semblerait que l’on se dirige vers une production nationale plus importante que l’année dernière (34 Mt), d’autant que les surfaces sont tout de même en hausse de 2,9 % par rapport à l’année dernière selon Agreste, qui table sur 5,02 Mha.

« Les cultures sont très belles et dans l’état actuel des choses, on peut s’attendre à un retour d’une production de blé tendre autour de 37-38 Mt », estime de son côté Marion Cassagnou, consultante chez Agritel.

Renaud Fourreaux