Lors de sa conférence de presse annuelle, Tereos a présenté pour l’exercice 2018-2019 un CA de 4 438 M€, en baisse de 7 %, et un « résultat net part du groupe publié » de − 242 M€ (contre − 23 M€ en 2017-2018).

Contrôle intégral de la distillerie de Nesle

Entre les deux, le résultat opérationnel (Ebitda) ressort à 275 M€ (− 54 %) et demeure positif, même pour l’activité sucre européenne (+ 37 M€). « Ce qui détache Tereos de ses principaux concurrents allemands et français, précise Alexis Duval, président du directoire. Cela confirme la résilience du modèle opérationnel flexible développé par Tereos et son savoir-faire en termes de plans de performance. » Tereos estime d’ailleurs que son Ebitda retrouvera un niveau de 500 à 600 M€ à l’issue de son plan Ambitions 2022, qui vise à dégager plus de 200 M€ d’économie.

D’ailleurs, pour gagner davantage en flexibilité, le troisième groupe sucrier mondial a annoncé l’acquisition intégrale de Sedalcol France, la distillerie de Nesle (Somme), qu’il partageait avec la société italienne ETEA. En contrepartie, il cède à ETEA sa participation de 50 % dans Sedamyl (usine de Saluzzo en Italie) et Sedalcol UK (usine de Selby, au Royaume-Uni).

« Profiter à plein de la remontée des cours »

Pour 2019-2020, Tereos compte bien profiter de la perspective d’un marché mondial à nouveau déficitaire, ce qui est un « consensus absolu de marché ». Les prix spot du sucre européen sont déjà remontés de 33 % après la clôture de l’exercice (au 31 mars). Le choix de ne pas avoir fermé d’usines et la confirmation d’un niveau d’emblavement en betteraves presque stable en France (− 5 %), comme le groupe l’a proposé, « vont nous permettre de profiter à plein de la remontée des cours ».

Interrogés sur le projet d’ouverture au capital, les dirigeants de Tereos entrevoient un horizon de deux à trois ans, même si la crise de gouvernance a retardé les réflexions. Un délai qui servira à « préparer des opportunités de développement », selon François Leroux, président du conseil de surveillance, afin d’attirer les investisseurs.

Deux visions opposées de l’avenir

L’occasion pour Alexis Duval d’évoquer les deux orientations actuellement en confrontation chez les coopérateurs : « Une vision de développement, d’internationalisation, partagée par le plus grand nombre, et une approche plus défensive, portée par certaines voix qui se sont élevées pour dire qu’il fallait en faire moins. Selon les scénarios, ce ne sont pas les mêmes besoins de financement. »

Des visions divergentes qui ne manqueront pas d’être débattues lors des assemblées de section qui démarrent le 13 juin, ainsi qu’à l’assemblée générale plénière du groupe le 26 juin prochain, où il est prévu le renouvellement du tiers sortant du conseil de surveillance et des six membres cooptés.

Renaud Fourreaux