Après avoir perdu entre 300 000 et 400 000 ha en 2018-2019, pour s’établir à 1,2-1,3 Mha, en raison de conditions sèches lors des semis et de parcelles retournées à la suite de fortes attaques de méligèthes à l’automne, les surfaces en colza ne devraient pas renouer avec la croissance pour les prochains semis 2019. La moyenne des cinq dernières campagnes s’établissait en effet à 1,5 Mha (source Agreste).

Selon notre enquête Agrodistribution-ADquation, si 26 % des producteurs de colza prévoient d’augmenter leurs emblavements (proportion en hausse de 13 points par rapport à l’an dernier), ils sont 29 % à envisager une diminution. Cette tendance globale à la stabilité (voire une légère baisse) qui se dégage de notre baromètre ne surprend pas Terres Univia, questionné à ce sujet.

Chez Océalia, l’heure est à la remotivation

Tout comme il ne surprend pas les opérateurs sur le terrain. « Sur notre territoire, nous percevons qu’il sera compliqué de repartir à la hausse », souligne Philippe Ballanger, directeur terrain du groupe coopératif Océalia, qui couvre essentiellement quatre départements du Poitou-Charentes. Des 30 000 ha habituels couverts par cette coopérative, la sole est tombée à 15 000 ha pour la campagne actuelle.

Le directeur terrain est surtout interpellé par une certaine proportion de producteurs historiques qui remettent en cause le colza à la suite de difficultés rencontrées lors des trois dernières campagnes. « Compte tenu de l’exigence de la culture, des agriculteurs qui font 10 à 15 ha vont abandonner alors qu’ils la maîtrisent très bien. » Cependant, pas question de baisser les bras. Philippe Ballanger et son équipe comptent bien remotiver les producteurs en s’appuyant sur les résultats historiques et en rappelant l’intérêt agronomique du colza dans la rotation.

Hélène Laurandel