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Dossier Jouer collectif dès la pré-installation

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Sensibiliser des repreneurs potentiels, réunir les partenaires, signer des conventions pour faciliter la transmission, la formation, faire circuler l’info… Autant d’actions collectives qui ne peuvent que favoriser la réussite de toute installation.

Comment réussir à être complémentaire sur un département, sur un bassin de production ? C’est une question que se pose Martial Pouzet, conseiller à la chambre d’agriculture de Charente. Il estime en effet que « l’installation ne peut être le sujet d’une seule structure » et aspire notamment à une approche collective dans la recherche de futurs candidats, donc bien en amont de l’installation...
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« Trouver des futurs repreneurs est l’affaire de tous les organismes agricoles »

« J’estime qu’il est essentiel de développer l’approche collective à tous les stades de l’installation afin d’harmoniser le discours avec les cédants et les futurs repreneurs. Un discours plus cohérent permettra aussi de drainer de nouvelles personnes vers l’installation. Afin de maintenir un même nombre d’agriculteurs d’ici à dix ans, il va être nécessaire de monter à 50 % d’installations hors cadre familial contre 25 à 30 % à ce jour. Donc comment faire venir ces nouvelles recrues ? D’une part, il s’agit de donner envie en proposant des garanties et une certaine sécurité, comme la contractualisation ou des prix indexés sur le cours des matières premières. D’autre part, on aura à sensibiliser tout salarié qui travaille dans l’environnement de l’agriculteur, que ce soit dans les ETA, les coopératives, les négoces ou autres organismes agricoles. C’est une bonne piste pour détecter des futurs repreneurs. »

« Travailler collectivement avant, pendant et après »

« À rester chacun dans son coin, c’est le jeune qui finit par en pâtir. Au cours de mon parcours professionnel chez Triskalia, j’ai vu malheureusement des jeunes se planter au bout de deux ou trois ans car leur dossier était mal préparé. Aussi, nous pouvons éviter cela si nous travaillons collectivement sur les projets d’installation. Il faut alors que les banques, les centres comptables et les chambres d’agriculture puissent admettre qu’il y ait une OP, coopérative ou autre, ou encore un négoce autour de la table lors du préprojet. Quand le projet est partagé, c’est d’une efficacité redoutable. Et le nouvel installé peut être plus serein. Alors que si, en tant qu’OP, on n’a que la partie “tu paies en fin de campagne” à proposer, c’est extrêmement réducteur. De plus, ce partage collectif permet de se positionner sur une même vue avec le jeune. C’est bien plus intéressant que de le contraindre à prendre une orientation dont il n’a pas envie. »

La question sensible de l’accès au foncier

La question foncière fut également au cœur des débats de nos Rencontres. Quel rôle peut y jouer la coopérative ou le négoce ?

Pour les entreprises autour de la table, il n’est pas encore question à ce jour d’investir dans l’achat du foncier. Même si cette démarche a été adoptée par des caves coopératives ayant acquis des terres données ensuite en fermage à des jeunes. « Ce sont des domaines spécifiques avec des prix de terres très élevés. On est sur une logique de portage et de dispositifs appelés à être transitoires. C’est bien bordé dans le cadre de conventions », détaille Françoise Ledos, de Coop de France.

Toutefois, les coopératives n’auront peut-être pas d’autre choix à l’avenir que de faire du portage des outils de production afin, justement, d’assurer la production. Une perspective pointée par Jérémy Pettini, jeune administrateur EMC2, qui redoute sinon de voir des groupes industriels investir dans l’agriculture, « en demandant des taux de rentabilité impossibles dans notre secteur ». En outre, poursuit-il : « Quand ils achètent des terres, c’est pour les faire travailler par des grosses ETA. Les jeunes ne peuvent donc pas s’installer. L’investisseur étranger peut être en fait une menace à l’installation. »

Pour éviter un tel scénario, Jean-Albert Massenet, en charge d’Atouts jeunes, estime que la profession devrait s’organiser « pour créer des dispositifs avec des investisseurs se satisfaisant d’une rentabilité de 1,5 à 2 %, car il y aura derrière une revalorisation à la vente. Sinon, d’autres vont le faire sans éthique et avec le risque que ça finisse par échapper à l’agriculture. »

Des solutions se mettent pourtant en place avec la Safer qui a passé une convention cadre avec le Crédit Agricole en 2017. Des conventions de portage foncier ont été déclinées depuis en Hauts-de-France et en Bretagne pour permettre aux jeunes d’acquérir le foncier, acheté par la Safer, au bout de cinq à dix ans à un prix établi initialement. Les loyers versés peuvent être déduits du prix de rachat majoré des frais financiers. Le jeune a le temps ainsi de se constituer une trésorerie et de faire face à toute éventuelle obligation d’achat du foncier pour pouvoir reprendre une exploitation.

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