Le tant attendu avis de l’Autorité de la concurrence sur le projet d’union, puis de fusion entre les deux groupes coopératifs bretons, Groupe d’aucy et Triskalia, vient d’être publié en date du jeudi 25 juillet (voir communiqué en ligne), après une décision délivrée aux intéressés le 24 juillet.

Le feu vert est donné à la création du nouveau groupe Eureden sous conditions, l’Autorité ayant identifié un certain nombre de risques d’atteinte significative à la concurrence sur les marchés de la collecte de céréales, oléagineux et protéagineux, de l’agrofourniture et de la distribution au détail d’articles de jardinage, bricolage, aménagements extérieurs et animalerie.

En effet, les parts de marché cumulées dépassaient 70 % dans des zones de collecte et atteignaient les 100 % dans certaines zones de chalandise pour la distribution au détail.

Cession de 20 sites de collecte et de 6 magasins

Aussi, pour répondre à ces problèmes de concurrence, les deux groupes coopératifs se sont engagés à se séparer au total de 20 (10 par groupe) plateformes et silos de collecte de céréales, protéagineux et oléagineux et de 6 points de vente exploités sous enseignes Gamm vert ou Point vert.

En revanche, aucun problème de concurrence n’a été relevé en semences, nutrition animale, légumes, œufs et ovoproduits.

La fin de l’obligation d’apports à 100 %

D’autre part, les statuts devront être modifiés pour donner plus de marge de manœuvre à leurs agriculteurs adhérents. Ainsi, l’obligation d’apport en céréales, protéagineux et oléagineux va être réduite à 55 % minimum de leur production, contre 100 % jusqu’ici.

En outre, l’apport des adhérents en céréales, oléagineux, protéagineux ne devra plus être lié à l’approvisionnement en produits d’agrofourniture, comme cela était encore le cas jusque-là.

Plus de liberté en appro également

En appro, l’obligation pour les adhérents de se fournir auprès de leur coopérative en produits d’agrofourniture devra être réduite à un minimum de 55 % de leurs besoins. De la même manière que pour la collecte, les parties se sont également engagées à ne pas prévoir de clause ou imposer d’une quelconque façon une obligation à leurs adhérents revenant à contourner le sens de l’engagement ci-dessus, dans leurs statuts ou dans tout autre document régissant leurs relations avec leurs adhérents.

Cependant, dans les faits, selon les coopératives, une certaine souplesse était déjà accordée à ces obligations statutaires.

En quête de repreneurs

Dans son communiqué de presse, l’Autorité de la concurrence tient à préciser que la cession des sites et points de vente ne signifie pas leur fermeture ; c’est un changement d’enseigne.

Désormais, il reste aux deux groupes à trouver des repreneurs des sites à céder.

En termes de calendrier, le rapprochement est toujours prévu en deux temps : l’union effective au 1er janvier 2020 et la fusion au 1er janvier 2021.

Hélène Laurandel