Les alcaloïdes que produit l’ergot du seigle sont particulièrement dangereux pour l’homme et les animaux. De nouvelles limites maximales règlementaires sont d’ailleurs attendues au niveau de l’UE pour la récolte 2020. Le TC peut donc insister auprès des agriculteurs sur quatre leviers à sa disposition pour maîtriser ce risque, en croissance.

Le salissement des parcelles s’accroît

« Les préconisations sont d’éviter d’introduire la maladie dans la parcelle par les semences ou les bords de champ, d’éviter de multiplier l’inoculum grâce au désherbage et au travail du sol, d’éviter les espèces ou variétés sensibles et, enfin, de nettoyer les grains après récolte », liste Béatrice Orlando (Arvalis), qui intervenait lors de la journée Oqualim du 23 mai. Elle recommande le recours à des semences spécifiquement triées pour éliminer l’ergot ou traitées pour inhiber la germination des sclérotes.

Les graminées adventices, dans ou autour des parcelles, constituent toutefois le premier facteur des teneurs en ergot ou alcaloïdes. De façon générale, le salissement s’accroît : le nombre de déclaration de salissement généralisé et problématique a été multiplié par cinq ces huit dernières années, ce qui explique au moins partiellement la montée de l’ergot.

Fauchage des bords de champ et désherbage

La dispersion des ascospores étant possible sur une vingtaine de mètres, faucher les bords de champ au moment de la floraison des graminées les plus présentes (vulpins et ray-grass en tête) permet de réduire de 10 % le risque ergot sur la parcelle et limite l’effet de conservation de la maladie par les abords.

Comme les parcelles les plus contaminées en sclérotes de céréales sont aussi celles qui sont les plus contaminées en sclérotes d’adventices, un désherbage efficace permet de diminuer de 20 % les niveaux de contamination moyens en alcaloïdes des parcelles.

Certaines rotations sont déconseillées. Ainsi, Arvalis recommande d’éviter les précédents de céréales à paille mais aussi les rotations induisant des difficultés de désherbage (notamment avec du colza). Le travail du sol constitue un des autres leviers de maîtrise, sachant qu’il faut rester attentif car les sclérotes enfouis dans le sol peuvent germer les deux années suivantes.

Yanne Boloh