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Kronenbourg montre les crocs

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Stéphane Munch, directeur du site d’Obernai. © Anne Milloux

Pour ses 50 ans, Kronenbourg investit 100 M€ dans la plus grande brasserie de France afin d’accompagner la transformation du marché, et met la main à la poche en faveur de la filière houblon.

Kronenbourg le sait : la conjoncture est favorable, le marché de la bière en France se redynamise. C’est ainsi que la filiale française du groupe Carlsberg (depuis 2008) a annoncé l’année dernière un plan d’investissement de 100 M€ dans son unique brasserie d’Obernai (Bas-Rhin). « Il s’agit d’accroître les capacités de production pour 40 % de l’investissement total, moderniser...
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Avec sa production de 7 millions d’hectolitres de bière par an, ce qui correspond à 120 000 litres conditionnés chaque heure, la brasserie d’Obernai est la plus grande de France. © Renaud Fourreaux
En chiffres

CA 2018 : 972 M€ (+ 3,8 %)

Capacité de production brasserie d’Obernai : 6,9 Mhl (environ 40 % de la production française de bière)

Part de marché en France : 28,1 % Part de marché des principales marques : Kronenbourg (11,1 %), 1664 (9,8 %), Grimbergen (4,1 %), Tourtel Twist (1,5 %)

Poids des bières de dégustation, aromatisées et sans alcool : 29,2 % (contre 10,2 % en 2010)

La renaissance du houblon français
Échafaudages alsaciens de houblon bio, avec du tournesol comme engrais vert. R. Fourreaux © R. Fourreaux

Portée par le développement des brasseries artisanales, la relocalisation du sourcing et la recherche de productions à haute valeur ajoutée, la culture du houblon a le vent en poupe. Preuve du renouveau de cet ingrédient central et singulier dans la fabrication de la bière, ses premières assises se sont tenues les 22 et 23 août derniers à Obernai (Bas-Rhin), où une nouvelle architecture pour la filière a été présentée. En plus de l’historique syndicat des producteurs (AGPH), l’institut technique du houblon voit le jour, de même que l’association des négociants (AFNH). Une interprofession InterHoublon est en gestation (en attente de l’agrément ministériel) et la marque France Houblon, nouveau nom de la filière française, est lancée.

De quoi aider à développer la notoriété de l’« épice » de la bière sur le marché intérieur, mais également peut-être de creuser de nouveaux débouchés. Car, alors que le houblon couvrait dix fois plus de surface au début du XXe siècle, il peine à atteindre 500 ha aujourd’hui (dont 94 % en Alsace et 5 % dans le Nord). « La filière mise sur au moins un doublement des surfaces à horizon 5-10 ans », évoque Matthieu Luthier, d’Agra Nova, société de conseil qui accompagne le renouveau du houblon. Paradoxalement, la France est déficitaire en houblon, mais exporte 70 % de sa production, reconnue à l’international. En revanche, les grands brasseurs importent de pays plus compétitifs comme les États-Unis ou l’Allemagne.

L’arrivée de nouveaux houblonniers (actuellement une soixantaine) va permettre d’augmenter la production française et favoriser l’approvisionnement en circuits courts des brasseurs. Ces derniers sont particulièrement vigilants à la qualité du séchage du cône, point crucial de la récolte, et plus précisément aux glandes à lupuline contenues dans les petites feuilles présentes à sa base. La lupuline étant l’ingrédient qui apporte au breuvage son amertume et ses arômes. Généralement, les cônes sont transformés en pellets en Allemagne avant de revenir en France. Le Comptoir agricole est néanmoins en train d’investir dans un outil de pelletisation pour le bio opérationnel pour la récolte 2020.

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