« 2020, notre coopérative », tel est le nom du projet que l’ADCT a présenté depuis plusieurs jours, au cours d’une dizaine de réunions destinées aux planteurs des sucreries de Tereos, comme celle qui s’est tenue dans l’Oise ce jour, en amont des assemblées de région de la coopérative, qui vont se dérouler du 13 au 20 juin.

« Nous faisons le même constat que les dirigeants de Tereos, la coopérative a un problème de financement, explique Xavier Laude, l’un des membres de l’ADCT. Mais à l’inverse d’eux qui sont à la recherche de partenaires prêts à prendre des participations dans le capital de l’entreprise, au risque d’en vendre une partie et de perdre la main, nous proposons de nous séparer d’un certain nombre d’actifs pour stabiliser la dette. »

Se séparer de petites filiales non rentables

« Nous pouvons nous séparer de petites filiales qui perdent structurellement de l’argent, comme au Mozambique, en Roumanie, en Chine, ou Palmital au Brésil, indique-t-il. Nous pouvons aussi céder des participations que nous avons comme au Kenya ou en Tanzanie, pour récupérer du cash. Nous pouvons ainsi montrer notre bonne volonté auprès des banques et regagner leur confiance. Les actifs que nous serions prêts à vendre ne représentent que 3 % du chiffre d’affaires de Tereos. Nous tenons en revanche à certaines activités phares de la coopérative comme le sucre et l’amidon en France, et le sucre au Brésil. »

L’ADCT constate que les résultats de Tereos, dans ces activités phares, sont moins élevés que ceux de ses concurrents. « Nous proposons de nous recentrer sur ces activités, et de réinvestir dans ces usines pour retrouver des résultats positifs », poursuit Xavier Laude.

Rallier à leur cause des conseillers d’autres régions

Lors des assemblées de région, les trois coopérateurs qui avaient été exclus de Tereos, puis réintégrés, Xavier Laude, Gérard Clay et Gilles Bollé, ont annoncé leur intention de se représenter aux élections de conseillers de région.

« Même si une très grande majorité de conseillers des régions Nord, Nord Littoral et Picardie Ouest est acquise à la cause de l’ADCT, ils ne peuvent pas à eux seuls être majoritaires et représenter plus de la moitié des 180 conseillers de région de la coop Tereos, reconnaît Xavier Laude. C’est pourquoi nous comptons sur l’appui de conseillers d’autres régions qui, en leur âme et conscience, voteront le 26 juin pour élire les 13 postes à pourvoir au conseil de surveillance de la coopérative. »

« Regarder les points d’amélioration »

Cette assemblée générale conduira-t-elle à un apaisement ? « Des élections vont se dérouler et l’équipe du conseil de surveillance va être en partie renouvelée, a souligné François Leroux, le président du conseil de surveillance, le 12 juin au matin, au cours de la conférence de presse présentant les résultats de la coopérative. Il nous faudra ensuite regarder, un an après la mise en place de la coopérative unique, le 5 mars 2018, ce qui s’est bien passé et les points d’amélioration. »

Alexis Duval, président du directoire de Tereos, est quant à lui revenu sur les deux visions diamétralement opposées de l’avenir de la coopérative. Pour lui, il y en a une qui va de l’avant, et qui est synonyme de développement et d’internationalisation, et une plus défensive, celle des dissidents. « La première stratégie est partagée par le plus grand nombre », a-t-il précisé.

Blandine Cailliez et Renaud Fourreaux