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Dossier Premiers enseignements

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Le confinement a obligé à de nouvelles façons de faire qui poussent un certain nombre d’entreprises, voire les confortent, dans des initiatives qui font bouger les lignes de l’organisation du travail ou de la relation à l’agriculteur. Avec à la clé des gains associés et une digitalisation amplifiée. L’ampleur de la crise sanitaire laisse aussi des traces dans les circuits courts et fait émerger des questions en amont et en aval.Par Hélène Laurandel avec les correspondants

Il est délicat de parler d’enseignements à tirer à propos d’une crise qui fait vivre un drame humain sur divers plans, d’autant plus qu’elle n’est pas terminée. Mais il est difficile de ne pas le faire car les faits sont là, et peut-être que cette période compliquée n’est pas arrivée pour rien. L’espoir mis par certains dans l’« après » a pu être source...
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« La distanciation remet en avant l’humain »
François Gibon, délégué général de la FNA depuis le 1er juillet

« Durant cette situation de crise sanitaire avec notamment le confinement, j’ai été marqué par la forte solidarité qui existe au sein des équipes ainsi que leur grande implication. Que ce soit dans les négoces ou au niveau de notre fédération FNA. Cette dynamique a permis de bien tenir le coup. Nous avons pu aussi observer l’agilité et l’adaptabilité de nos structures de négoce, par exemple dans la mise en place des mesures de prévention sanitaire. Par ailleurs, la distanciation imposée a remis en avant le facteur humain, surtout dans nos métiers de terrain. Les gens ont envie de contact autre que devant un écran, même si le télétravail peut permettre d’être plus efficace sur certaines tâches. Les réunions en visioconférence ont également leur limite. Et si des initiatives lancées durant le confinement vont être reconduites dans certaines entreprises, vont-elles durer dans le temps ? Les agriculteurs auront-ils demain les mêmes attentes ? »

« Des leviers à actionner en matière de RSE »
Antoine Hacard, président de La Coopération agricole Métiers du grain © Feng Shang

« Je pense que nous ne sommes pas au bout des conséquences humaines provoquées par cette crise avec le stress généré. Aussi, c’est à surveiller de près. Par ailleurs, cette période nous pousse à réécrire au calme une procédure en cas de crise sanitaire pour nous organiser encore plus rapidement, en intégrant notamment les plans de repli prévus, en cas de contamination, sur un quart ou un cinquième des installations, lesquels n’ont pas servi. Également, il est essentiel de considérer le secteur du transport, prioritaire dès le début de toute crise, en préservant de bonnes conditions de travail pour les chauffeurs.

Même s’il est encore tôt pour tirer tous les enseignements de cette situation de crise, certains points de consensus se dégagent déjà, comme le télétravail pour les fonctions administratives et pour lequel des réflexions seront lancées autour d’accords d’ici fin 2020. Mais tous ne s’y épanouissent pas forcément. En outre, dans nos métiers, 70 à 80 % des salariés sont affectés aux installations et ne sont donc pas concernés. Il existe cependant, à la suite de cette crise, des axes de progrès à réaliser avec des leviers à actionner en matière de RSE. »

« Il n’y aura aucun répit sur les pesticides »
Christian Huyghe, directeur scientifique de l’Inrae © Cédric Faimali

« Le Covid a révélé plusieurs choses :

les filières agricoles sont solides et en capacité d’assurer la sécurité alimentaire en France et Europe ;

le poids de la RHD (restauration hors domicile) est considérable et très structurant ; la crise sanitaire a modifié les comportements alimentaires, avec une appétence pour les circuits courts sur certains produits.

Surtout, sur la question des pesticides, la pression sociétale ne va pas bouger. Il n’y aura aucun répit, la trajectoire est donnée, et le monde agricole ne doit pas se tromper d’analyse. Au champ, face à l’effondrement de la biodiversité, il faut inventer des systèmes plus complexes, plus résilients, tout en étant productifs. Avec des techniques comme le relay-cropping, et avec pour conséquence davantage d’espèces produites sur un territoire. Les OS devront être capables de piloter des lots plus petits, plus hétérogènes. C’est une réflexion à mener aussi à l’échelle des industries.

Il faut également ramener de la valeur ajoutée sur le territoire. On exporte des produits bruts, comme les céréales, et la valeur ajoutée se fait ailleurs. »

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