Le 7 janvier, le gouvernement, accompagné du comité d’orientation et de suivi du plan Ecophyto, a présenté la dernière note de suivi du plan. Il en est ressorti une hausse de 21 % de la quantité totale de substances actives vendues (QSA) en 2018, contre une baisse de 3 % en 2017. En moyenne triennale, le gouvernement souligne une augmentation de 22 % entre 2009-2011 et 2016-2018.

Pour les produits à usages agricoles, qui représentent 74 % de la QSA totale, la hausse est de 23 % en 2018. Et sans surprise, le Nodu agricole (nombre de doses unités) suit cette tendance avec + 24 % entre 2017 et 2018.

+ 8 % de ventes aux distributeurs, selon l’UIPP

Juste avant, l’UIPP annonçait de son côté une augmentation de 8 % des ventes aux distributeurs en 2018 par les industriels. Les chiffres du plan Ecophyto s’appuient quant à eux sur les achats des agriculteurs auprès des distributeurs. L’UIPP a cependant rappelé la tendance à la baisse de ces ventes de plus de 40 % en vingt ans, avec 68 000 t achetées par les distributeurs en 2018, contre 120 000 t en 1999.

De plus, la bioprotection ne cesse de s’amplifier depuis, au détriment des produits conventionnels : en 2017, les produits de biocontrôle ont représenté 23,7 % des volumes vendus selon l’UIPP. Un constat similaire est dressé dans la nouvelle note de suivi, les produits de biocontrôles à risque faible représentent 24 % de la QSA totale, et 66 % d’entre eux sont des produits soufrés.

Hausse de la RPD en cause

Si les chiffres diffèrent, les deux parties s’accordent sur les raisons de cette hausse : une anticipation des achats fin 2018 en prévision de la hausse importante de la RPD au 1er janvier 2019.

Le comité de suivi du plan Ecophyto évoque également des conditions climatiques de 2018 favorables aux maladies fongiques au printemps et aux insectes en été. Le déploiement de l’agriculture bio serait également un des facteurs d’augmentation, « une partie des produits étant comptabilisée dans cet indicateur », comme le cuivre qui représente 3 % de la QSA des produits à usages agricoles. L’UIPP pointe également une hausse des ventes du soufre, la première substance active vendue France, 16 % des ventes selon la note de suivi Ecophyto.

Impact négatif de l’interdiction des néonicotinoïdes

Éric Thirouin, président du Contrat de solutions, expliquait pour sa part en novembre dernier (lire notre hors-série Spécial Appros 2020) l’impact négatif de l’interdiction des néonicotinoïdes sur le Nodu. « Les néonicotinoïdes, traitement de semences, n’étaient pas comptabilisés dans le Nodu. Le traitement de semences a été remplacé par un traitement insecticide aérien qui, lui, est comptabilisé dans le Nodu. Résultat, en grandes cultures, l’IFT initial de 1,7 est passé à 2,7 avec ce traitement supplémentaire, et même 3,7 avec deux traitements, étant donné la moindre efficacité des produits. Mécaniquement, vous arrivez donc à un Nodu qui augmente de 200 %. »

Lucie Petit