Il n’est pas fréquent de parler de cultures à bas niveau d’intrants dans la région Hauts-de-France. C’est pourtant à ce type de productions que la coopérative Cérèsia, issue de la fusion d’Acolyance et Cerena, s’intéresse pour répondre aux attentes de certains de ses adhérents, dans un contexte de changement climatique, de volonté de dépendre moins de la chimie, de recherche de nouvelles têtes d’assolement, d’intérêt pour l’agriculture de conservation.

Un intérêt pour les protéagineux

« Le sarrasin constitue l’une des réponses à ces questions, souligne Valentin Séguin, responsable de mise en marché à la coopérative. C’est un créneau qui répond à une demande des consommateurs pour le sans gluten. Nous en avons collecté 250 t en 2018. Les agriculteurs le produisent en général en dérobée, après un escourgeon ou un pois de conserve. Ils sont répartis sur l’ensemble de notre zone de collecte, mais nous avons spécialisé un silo, celui de Chauny qui regroupe toute la collecte. »

Cérèsia propose également des productions sous contrat de pois protéagineux pour l’alimentation humaine et d’avoine nue pour céréales petit déjeuner, et tente de relancer les féveroles pour l’alimentation animale. « Le tournesol, qui avait fortement chuté, pourrait aussi augmenter à nouveau dans les assolements, ajoute le responsable de la coopérative. Le soja intéresse également certains producteurs. »

Ternoveo reste prudent

Cérèsia n’était pas le seul organisme stockeur à avoir répondu présent à l’invitation des chambres d’agriculture de l’Aisne et de l’Oise, au cours du salon Culti’nov. La coopérative de Picardie et de Seine-Maritime Noriap, via sa filiale SFP (Semences fourragères de Picardie), proposait également des surfaces de production de semences fourragères, et Ternoveo, des productions de pois chiches.

« Notre première récolte en 2019 s’est bien passée, puisque les agriculteurs ont obtenu de bons rendements, plus proches de 30 q/ha que de 20, précise Olivier Sené, responsable développement chez le négociant. C’est une culture qui valorise bien les petites terres. Mais nous restons prudents, nous allons passer de 130 ha en 2019 à 250 ha en 2020. »

Blandine Cailliez