Hasard de la météo, les mesures sanitaires prises ce week-end par le gouvernement coïncident avec l’arrivée du beau temps, permettant aux agriculteurs d’intervenir dans les parcelles après une longue période où les pluies ont retardé les travaux agricoles. Dès lors, il est crucial pour les coopératives et négoces de pouvoir continuer à les approvisionner, même si le manque de personnel lié aux arrêts de travail pour garde d’enfants se fait parfois sentir. L’autre crainte concerne la logistique.

Dès dimanche, une réunion s’est tenue avec Bruno Le Maire et Didier Guillaume pour assurer les approvisionnements alimentaires. La Coopération agricole et la FNA ont fait remonter la nécessité d’une continuité d’activité pour le secteur agricole. Une demande comprise, en témoigne l’arrêté paru lundi 16 mars, assurant l’exemption de fermeture des dépôts et des Lisa.

Un guide pour les plans de continuité d’activité

« Nous avons agi avec les pouvoirs publics pour que les magasins soient ouverts », relate Anne-Laure Paumier, directrice de la Coopération agricole Métier du grain. L’organisation, comme la FNA, travaille à faire remonter les questions de ses adhérents, y répondre dans la mesure du possible et à faire passer les messages au gouvernement.

La Coopération agricole a fait parvenir un guide aux entreprises pour mettre en place un plan de continuité d’activité, pour aider les entreprises à s’organiser. À la FNA, « nous avons beaucoup communiqué la fin de semaine dernière sur les mesures de protection, évoque Didier Nedelec, délégué général. Par exemple, faire des tours de plaine seul, et communiquer par téléphone avec les agriculteurs. Nous avons fait passer des messages de prudence ». Les deux organisations sont encore en train de prendre la mesure des impacts de la situation.

« Il ne faut pas paniquer »

Pour les salariés ne pouvant télétravailler, les entreprises ont produit des attestations. « Outre la circulation des personnes, la deuxième priorité ce sont les relations avec les transporteurs, analyse Anne-Laure Paumier. Nous avons besoin des livraisons en amont et de pouvoir transporter les grains. »

Sur le sujet, le ministre de l’Agriculture ainsi que la ministre et le secrétaire d’État chargé des Transports ont fait part, par voie de communiqué, le 18 mars, de leur mobilisation pour « garantir la meilleure continuité possible de la chaîne logistique ». « Il ne faut pas paniquer, les entreprises vont s’organiser », assure Anne-Laure Paumier.

Marion Coisne